Le Journal PHAR

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Nous sommes en gréve et pourquoi,

13/04/2007

Chers confrères et amis,
Le SNPHAR a déposé un préavis de grève des soins non-urgents pour le vendredi 13 avril.

Le mouvement a été déclenché par la parution des décrets d'application de la PCV (Part Complémentaire Variable). La PCV est une prime individuelle, attribuée sur des critères de qualité et de productivité collective, aux seuls praticiens hospitaliers chirurgiens.
Ne vous méprenez pas sur notre motivation: il ne s'agit pas ici de corporatisme ou de frustration, mais bien de défense de l'hôpital public en tant qu'institution.
Aucune déclaration de guerre à l'encontre des chirurgiens, mais la volonté d'améliorer leur quotidien professionnel qui est aussi le nôtre.
Cette prime annuelle (maximum 15% du salaire) prend théoriquement ses origines dans la nécessité (bien réelle) d'attirer de jeunes médecins vers la chirurgie hospitalière (délaissée au profit du secteur libéral au point de créer des déserts chirurgicaux dans plusieurs régions de France). Quelle somme ridicule pour détourner les jeunes du secteur libéral lucratif!
Notre protestation est fondée sur plusieurs arguments:
- Les bons (ou les mauvais) résultats d'un plateau technique reposent sur un travail d'équipe: la rétribution individuelle est donc injuste. Cet argument est le plus simple mais pas le plus fort.
- Les relations professionnelles vont se tendre à l'extrême lorsque dans une même équipe, pour la même activité, le même investissement dans les démarches EPP ou institutionnelles, les médecins ne seront pas rétribués à l'identique pour le travail réellement effectué.
- Cette mesure est déshonorante pour TOUS les acteurs du monde de la santé.
Elle déshonore en premier lieu ceux qui l'ont proposée: ils ne connaissent pas les besoins de l'hôpital public, et pourtant ils le dirigent. Cette mesure ne peut pas améliorer le fonctionnement de l'hôpital, car elle ne répond pas à ses attentes.
Elle déshonore ceux qui vont la mettre en oeuvre. On voudrait pourrir la vie des directeurs d'hôpitaux qu'on ne s'y prendrait pas autrement: beaucoup savent la réalité du terrain, même s'ils se taisent de part leur fonction.
Elle déshonore ceux qui la reçoivent. Que pense t-on d'eux en haut lieu pour qu'on leur donne la pièce incitative au travail?  Les chirurgiens investis n'ont pas attendu cette aumône pour faire leur devoir. Quant aux autres (il y en a dans toutes les professions) ce n'est pas l'argent qui les fera évoluer.
Elle déshonore ceux qui ne la reçoivent pas. Si certains reçoivent les honneurs c'est que les "autres" ne les méritent pas : c'est la logique des media « grand public ».
Elle déshonore nos patients. Les récipiendaires de la PCV absents, l'hôpital ne sait plus faire de qualité. Les malades sont alors livrés au chaos de la prise en charge par les "autres". Quel mépris pour les malades..
- Cette mesure est un détournement de fonds vis-à-vis des besoins réels de l'hôpital et de ceux qui le font vivre. Confrères chirurgiens, vos problèmes sont tout sauf le manque de ces 15%!
Dans votre quotidien vous avez des problèmes d'écoute par l'administration.
Dans votre quotidien vous avez des problèmes d'équipement des plateaux techniques.
Dans votre quotidien vous avez des problèmes d'effectifs de collaborateurs.
Dans votre quotidien vous manquez de sérénité professionnelle.
Dans votre quotidien vous avez des problèmes de valorisation de votre activité personnelle. La prime ne compensera jamais ce manque de reconnaissance (que nous recherchons tous), que seuls des managers compétents sauraient éviter ou réparer.
Et si enfin cette somme d'argent vous faisait défaut, il serait infiniment plus cohérent d'obtenir la revalorisation de vos astreintes dont le montant apparaît comme une insulte face à la permanence des soins "en ville".
Nous recevons des courriers et des avis de plusieurs chirurgiens de France nous signifiant leur refus de cette PCV, pour les raisons énoncées.
- Tous les autres secteurs de l'hôpital passeront petit à petit à la moulinette de l'ineptie, y compris les paramédicaux. Cette PCV est une moisissure dont la noirceur apparaîtra peu à peu et trop tard.  

Le SNPHAR ne réclame pas la prime pour l'ensemble des praticiens.
Il réclame que ces nouveaux moyens financiers soit plus justement attribués à une EPP cohérente, et à une FMC désormais bien définie.
Il réclame que le statut unique de praticien hospitalier soit assorti de valences valorisant l'engagement vers l'enseignement, la recherche, la gestion, et les missions institutionnelles.
Le SNPHAR réclame que la ligne budgétaire de la PCV soit reversée sur les grilles salariales des débuts de carrière des praticiens.
Il réclame enfin la revalorisation des astreintes pour un alignement vers la permanence des soins libérale.
Vous avez le droit et le devoir de vous déclarer grévistes, quelle que soit votre spécialité, si vous pensez que ce mouvement est juste.
Avec nos  sentiments confraternels.
Le CA du snphar



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